Déterminée, talentueuse, téméraire, Joudia Belkabir a su en charmer plus d'un lors des primes de Studio 2M, émission phare de l'été. Toute petite déjà, cette jeune marrakchi de 23 ans chantait devant son miroir et imitait ses stars préférées. Aujourd'hui, son rêve s'est réalisé. Propulsée sur le devant de la scène, admirée par plusieurs milliers de fans qui souhaitent également devenir chanteuses, Joudia a accepté le temps d'une journée de jouer au mannequin et nous livrer par la même occasion ses projets.
FDM : Que faisiez-vous avant de participer à Studio 2M ?
Joudia Belkabir : Après avoir décroché mon bac à Marrakech, je suis partie deux ans en France pour faire des études d'architecture d'intérieur. Mais avant la fin de ma 2ème année, j'ai pris mes valises et je suis revenue au pays pour essayer de convaincre mes parents de me laisser intégrer une école de chant. Ils l'ont très mal pris au début et n'ont pas compris ce revirement. Je leur ai expliqué que c'était ma véritable vocation, que j'avais envie de tenter ma chance et que c'était la seule façon pour moi d'être heureuse. Ils m'ont offert une année blanche pour avoir le temps de réfléchir. Entre-temps, je travaillais avec eux dans un pub à Marrakech, le piano forte, où se produisent chaque semaine des chanteurs des Trois maillets (le Trois maillets est un pub à Paris qui accueille des jeunes talents de partout dans le monde). J'ai eu ainsi l'occasion de rencontrer des professionnels de la chanson qui m'ont énormément appris et m'ont permis de chanter sur scène. Et puis, un jour, on a commencé à parler de Studio 2M. Tout le monde m'a encouragée à y participer, y compris mes parents. Et c'est comme ça qu'a débutée mon aventure !
Depuis quand chantez-vous ?
Depuis toute petite. Déjà à cinq ans, je m'enfermais dans ma chambre et allumais la musique à fond. J'adorais me trémousser devant le miroir. Je chantais, dansais, comme si j'étais sur scène devant des milliers de fans... (sourire)
Parlez-nous de votre expérience à 2M...
C'était génial. Même si au début, je n'ai pas réussi à bien m'intégrer, surtout à l'hôtel où nous étions. J'étais un peu gênée d'être au milieu de personnes que je ne connaissais pas. J'essayais de me faire discrète, mais au bout d'une semaine, je me suis fait des amis et ça s'est très bien passé parce que les autres concurrents sont très sympathiques.
Quant à Studio 2M, à proprement parler, c'était une superbe expérience. J'ai pu faire la connaissance de professionnels de la musique. J'ai découvert le monde de la télévision. L'équipe de 2M nous encourageait et nous remontait le moral à chaque fois que nous en avions besoin. J'ai interprété des chansons que j'ai toujours voulu chanter sur scène. C'était absolument magnifique. Quand j'ai chanté "Si tu m'aimes" de Lara Fabian, je me suis rappelé mes dix-huit ans. J'ai essayé de me coller à la peau du personnage et je m'y suis donnée corps et âme. J'ai réussi à gérer mon stress sur scène. Pour la finale, 2M nous a demandé de chanter une chanson en arabe, j'ai choisi une chanson qui peut toucher tout le monde, typiquement chaâbia, une chanson marrakchi, “Ach Dak Lzine” de Hamid Zahir. Tout le monde a été surpris car personne ne s'attendait à ce que je chante en arabe. En chantant It's the raining Man, j'ai également réalisé mon autre rêve : celui de chanter, danser et sauter sur scène en même temps. Je me suis éclatée ! C'est une expérience que je referais sans hésiter.
Que vous a apporté votre passage à Studio 2M ?
C'est l'occasion rêvée pour faire des rencontres, de travailler avec des musiciens dans un cadre professionnel, et avoir l'opportunité de rencontrer le public. J'ai aussi appris à aimer la musique orientale que j'écoutais très peu auparavant. Je ne m'y étais jamais vraiment intéressée étant donné que j'ai une préférence pour les chansons occidentales, tout particulièrement la musique anglophone. C'est ce qui m'a toujours bercée ! Mais en écoutant Abdelaziz (le gagnant catégorie chanson arabe), j'ai eu la chair de poule. Il a une voix incroyable qui vous transporte. C'est magique. Il a un talent fou.
Racontez-nous votre première fois devant le public...
La première fois que je suis montée sur scène, je me suis sentie toute petite. C'était avec les chanteurs de Trois maillets à Marrakech. Mais rapidement, j'ai réussi à vaincre ma timidité et la peur de se retrouver face à un public. A Studio 2M, j'étais plus ou moins à l'aise. Je suis arrivée à gérer mon stress. Quand je suis sur scène, je fais abstraction du reste. Je me mets dans la peau du personnage et j'oublie ce qui m'entoure.
Quelle est la chanson qui vous a le plus touchée?
“Si je m'en sors”. J'ai failli pleurer en la chantant. C'était la première fois que je ressentais ce genre d'émotion. C'était un moment très fort. J'ai tout fait pour retenir mes larmes.
Avez-vous pensé à un moment ou un autre que vous seriez la finaliste ?
Non, pas du tout. J'étais persuadée que ce serait Nawal. Elle a une voix magnifique. J'ai les larmes aux yeux à chaque fois que je l'entends chanter.
Qu'avez-vous ressenti quand Imad a prononcé votre prénom ?
J'ai été très émue. Je ne m'y attendais pas. C'est une grande victoire pour moi. Sur le coup, j'ai tout de suite pensé à mes parents qui, aujourd'hui, sont très fiers de moi. D'ailleurs, ce sont mes premiers fans. Mais, je n'arrivais pas à réaliser ce qui arrivait. Pendant deux jours, je me réveillais le matin comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé dans ma vie, alors que tout a changé. C'est comme un rêve, mon rêve de petite fille. Après le Prime, j'ai vécu un moment étrange. Dans le train que j'ai pris pour retourner à Marrakech, tout le monde me regardait. Je n'y comprenais rien. Après, j'ai réalisé que c'était grâce à mon passage à la télévision. A Marrakech, les gens m'interpellaient dans la rue pour me faire part de commentaires élogieux : "Hammarti lina wajahna!" ("Tu nous a dignement représentés"), me disaient-ils. A la maison, mes parents sautaient de joie. Mes amis et même des personnes que je ne connaissais pas m'attendaient. J'en ai pleuré. Ceci me donne davantage d'énergie et d'assurance. Je ne veux pas décevoir mon public et mon entourage.